Évitement
L’évitement est une stratégie de protection qui consiste à s’éloigner, consciemment ou non, de ce qui provoque de la peur, de la douleur, de l’inconfort ou une activation émotionnelle importante. À court terme, il peut soulager. À long terme, il peut parfois maintenir certaines difficultés.
Définition simple
L’évitement consiste à ne pas entrer en contact avec une situation, une pensée, une émotion, un souvenir ou une sensation qui provoque un malaise.
Cette réaction est fréquente. Le système nerveux cherche naturellement à réduire la souffrance et à protéger la personne de ce qui paraît menaçant.
L’évitement n’est pas un manque de volonté. C’est souvent une tentative de protection face à une charge émotionnelle jugée trop forte.
Pourquoi l’évitement soulage au début ?
Lorsqu’une personne évite une situation anxiogène, elle ressent souvent un apaisement immédiat. Le niveau de stress baisse, le corps se détend un peu et le système nerveux enregistre que l’évitement a permis de réduire le danger ressenti.
C’est ce soulagement rapide qui rend l’évitement si puissant. Le cerveau apprend : “Quand j’évite, je souffre moins.”
Le problème apparaît lorsque cette stratégie devient automatique et commence à réduire progressivement les possibilités d’action, de relation ou d’autonomie.
Comment cela se manifeste ?
L’évitement peut être visible, mais il peut aussi être très discret. Certaines personnes ne réalisent pas qu’elles organisent leur quotidien autour de ce qu’elles cherchent à ne pas ressentir.
- éviter certains lieux, personnes ou situations ;
- refuser d’aborder certains sujets ;
- repousser systématiquement certaines tâches ;
- chercher à rester constamment occupé ;
- utiliser les écrans, le travail ou la nourriture pour ne pas penser ;
- quitter rapidement une situation inconfortable ;
- ne pas écouter certaines sensations corporelles ;
- éviter les émotions douloureuses en se coupant de ses ressentis ;
- réduire peu à peu ses activités par peur d’être déclenché.
Évitement externe et évitement interne
L’évitement peut concerner le monde extérieur, mais aussi l’expérience intérieure. Les deux formes peuvent coexister.
Évitement externe
Il concerne les lieux, les personnes, les activités, les conversations ou les situations. La personne cherche à ne pas être exposée à certains éléments de son environnement.
Évitement interne
Il concerne les pensées, les émotions, les souvenirs ou les sensations corporelles. La personne tente alors de ne pas ressentir, ne pas penser ou ne pas se souvenir.
Exemple concret
Après un accident de voiture, une personne peut éviter de conduire pendant quelques jours. Cette réaction est compréhensible.
Si l’évitement persiste, elle peut commencer à éviter certaines routes, puis les autoroutes, puis les trajets en voiture en général. Ce qui était au départ une protection temporaire peut alors devenir une limitation importante dans la vie quotidienne.
Le lien avec le trauma
Dans le psychotraumatisme, l’évitement est fréquent. Le système nerveux tente de prévenir toute réactivation de la mémoire traumatique.
La personne peut alors éviter les lieux, les odeurs, les conversations, les émotions, les sensations corporelles ou les souvenirs qui risquent de réveiller une réaction douloureuse.
L’évitement protège à court terme, mais il peut empêcher le système nerveux de découvrir progressivement que le danger appartient au passé.
Pourquoi est-il utile de reconnaître l’évitement ?
Reconnaître l’évitement permet de mieux comprendre certaines difficultés persistantes. Il ne s’agit pas de se forcer brutalement, ni de supprimer toutes les stratégies de protection.
L’objectif est plutôt d’identifier ce qui se passe, de respecter la fonction protectrice de l’évitement et de développer progressivement d’autres manières de faire face.
Cette prise de conscience peut ouvrir la voie à davantage de souplesse, de sécurité et de liberté.
Ce qui peut aider
Face à l’évitement, il est souvent préférable d’avancer par petites étapes plutôt que de se confronter brutalement à ce qui fait peur.
- identifier les situations évitées régulièrement ;
- reconnaître la fonction protectrice de l’évitement ;
- renforcer les ressources de stabilité ;
- utiliser des exercices d’ancrage ;
- avancer progressivement plutôt que se forcer ;
- revenir dans sa fenêtre de tolérance lorsque l’intensité augmente ;
- demander un accompagnement professionnel lorsque les évitements deviennent très limitants.
Mots liés à cette notion
À retenir
L’évitement est une stratégie naturelle de protection destinée à réduire une souffrance ou une activation émotionnelle trop importante.
Il peut apporter un soulagement immédiat, mais lorsqu’il devient systématique, il peut maintenir certaines peurs et réduire progressivement les possibilités d’action.
Comprendre l’évitement permet de développer des stratégies plus souples, plus progressives et davantage adaptées à la réalité du présent.